Il devient difficile de regarder la vérité en face, pour de vrai.
Mes envies prennent parfois le dessus sur la réalité. J'ai peur. Trop souvent.
Je me retrouve confrontée à certaines angoisses. Pour le moment, je canalise encore, mais tant de choses ont changé, trop peut-être, trop vite aussi.
J'assimile petit à petit l'amour, sans y croire assez parfois. Je suis terriblement méfiante, terriblement moins naïve, terriblement à la recherche de preuves qui sont pourtant à portée d'oreilles le plus souvent.
Je doute parce que j'ai peur, peur de tout en fait.
Me voilà paralysée, même si je continue à avancer. Je suis parfois surprise des retours en arrière, j'ai l'esprit tranquille et enflammé à la fois.
Suis-je vraiment sûre de nous ? de moi déjà ? Je n'arrive plus à me faire passer avant, les réflexes sont discrètement réapparus. Je ne fais plus assez attention à moi.
Avec la thèse, le changement de direction, l'envie de donner une vraie chance à tout ça. Et l'éternel problème de l'affectif. Je sais pourtant qu'il ne faut pas mélanger le travail et les émotions. Je sais qu'ils ne connaissent qu'un morceau de moi. Trop de frustrations, de tensions accumulées en 3 ans. Difficile de remettre réellement les compteurs à zéro. J'ai trop douté de moi, de mon envie de chercher. J'ai fini par accepter de pas être adaptée à la recherche et à ce monde bien trop loin de mon état d'esprit.
Et surtout, je tiens si fort la clé de mon épanouissement professionnel. Je sais si bien quel métier j'ai choisi pour occuper mes journées dans le plaisir.
Je suis sûre de mon choix. Mais je dois être patiente. Il n'est pas encore l'heure de la révélation. J'ai envie et peur aussi. Une flamme en moi brûle si fort de faire ma vie à ma façon, de faire de ma vie ce que je veux.
Il est temps que la fin approche, il est temps de fixer une date, temps de s'offrir la possibilité d'une autre vie professionnelle.
Mais en attendant, me revoilà à errer dans ma sphère psychologique, à vouloir être l'étudiante parfaite et complète, ça m'épuise. En réalité, là maintenant, ma seule envie est de m'asseoir dans un canapé, de préférence chez moi, et de lire quelques pages d'une histoire pleine de promesses et d'espoir.
Je suis fatiguée et lassée de jouer à la scientifique, énervée de me regarder jouer à celle qui s'intéresse, pire ... à celle qui s'investit.
J'ai tellement besoin d'autre chose. Je perds trop de temps, mais je n'ai pas les clés du temps ... elles sont encore dans la matrice.
Et l'autre versant de ma vie est un tourbillon. J'ai commencé 2008 en célibataire impatiente de découvrir le bonheur des sentiments purs et partagés. Je me suis donnée une toute petite possibilité de les croiser. Je les ai rencontrés pour mon plus grand bonheur. V. est un homme merveilleux, il arrive à trouver et à réveiller chaque parcelle de bonheur en moi. Il a le regard des gens heureux pour de vrai. Pas de questionnements, tout en étant sensible aux miens. Il a le sourire des gens sereins et convaincus. Il est une démonstration d'amour vivante. Et pourtant, j'arrive à douter de lui, sans doute pas peur de le perdre et que tout s'arrête. Ne jamais oublier que rien n'est immuable. J'aimerais le rendre fou de moi, mais l'évidence est là : il l'est déjà ... Tant de personnes aimeraient rencontrer un jour seulement ce regard si fort, si puissant, si doux, si romantique, si excitant ...
J'ai la chance de vivre cette rencontre tous les jours. Même mon moment préféré a changé, maintenant c'est quand je rentre à la maison.
Je suis profondément amoureuse de cet homme qui m'aime si joliment. Je suis profondément sûre de mes sentiments et de leur résistance à la vie. Mais je ne peux m'empêcher de rechercher la faille. Par peur de quoi exactement ? Ca doit quand même bien être possible qu'un garçon m'aime sincèrement.
Je ne suis pas moche, j'essaie de m'appliquer quand je réfléchis, j'essaie de prendre suffisamment de recul pour accepter le monde et ses adeptes, je suis assez indépendante pour ne pas exploser mon forfait téléphonique, je suis même assez lucide pour venir réfléchir ici et sourire à la maison.
Quels sont les fondements de ses doutes ? Pourquoi je ne me réjouis pas totalement d'être la bonne personne au bon endroit au bon moment ? Quels méandres mon cerveau cherche-t-il encore à explorer ? Pourquoi je ne sais pas me contenter de profiter à fond de tout ça ? Pourquoi faut-il toujours que je trouve une nouvelle question qui ne peut pas trouver sa réponse dans un Oui ou un Non ?
Je vais bien finir par accepter que l'Amour de l'Autre n'est recevable que si on s'en estime digne.
Je vais bien finir par m'aimer